Le Mausolée De Sidi Azouz Taza


Situé entre l’entrée de Koubat Essouk et la grande mosquée de Taza, au milieu d’un ensemble d’impasses et de ruelles étroites qui grouillent de vie et de dynamisme, le saint patron de la ville prend la place qui lui convient. Dans les alentours de ce saint aux multiples barakas c’est toute une activité commerciale qui prospère  avec ses marchands de légumes, boutiques de vêtements et du prêt-à-porter, et « kissariates » d’artisans et  marché à puces. En somme le centre névralgique de tout le Taza haut.
C’est le saint à la fontaine   qui abreuvait visiteurs et habitants des quartiers avoisinants. Sidi Azzouz ; puisque c’est de lui qu’il s’agit est toute une mystique avec ses rituels  comportementaux qui convergent vers  la dissolution de l’être dans un univers où tout est Dieu et où tout est réalisable. «Il suffit de croire et d’avoir «niya» sinon rien ne se réalise», explique une femme arc-boutée au seuil du wali. Plusieurs combattants  qui ont fait les deux guerres mondiales, celle de l’Indochine ou ont lutté contre le colonialisme en tant que résistants de l’armée de libération lui rendaient visite pour implorer sa bénédiction. Solliciter une telle protection passait impérativement par la présentation d’offrandes. La «ziara» peut même être un simple morceau de sucre. «Mais la baraka est celle de Dieu», renchérit Driss Mrani, le m’kadem du mausolée  qui s’occupe de son entretien depuis presque un demi siècle. Dans sa boutique de veilleur, il a vu défiler hommes et femmes, riches et pauvres. Le plus souvent à la recherche d’un appui spirituel ou d’un remède à leurs maux. : femmes âgées cherchant un remède magique à une douleur que la médecine moderne n’a pu apaiser ou que les moyens financiers n’ont pu couvrir, commerçants en manque de chance,  ouvriers prospectant un  travail et  jeunes filles qui rêvent d’un compagnon de vie, lui rendent visite chaque jeudi. Les filles en quête de leur deuxième moitié jouent au coup de la serrure : Il faut ouvrir la serrure du portail principal pour que le ciel leurs ouvre ses voies impénétrables et cœurs infranchissables.